Plus de 100 000 applications disponibles dans le seul Apple Store...! 3 milliards dʼapplications téléchargées en 18 mois...!De grands médias nationaux qui ont plus de trafic sur le mobile que sur leur site Web…!!Et selon le cabinet Gartner, la tendance devrait sʼaccentuer avec quelques 4,5 milliards de téléchargements estimés pour 2010 sur les différentes plates-formes en ligne, pour atteindre plus de 20 milliards dʼapplications mobiles téléchargées dʼici 2013. Le mouvement est bel et bien en marche !!!Forts de ce constat, les acteurs du marché conçoivent désormais leurs stratégies autour de ce nouvel écosystème érigé par la firme de la grosse pomme. Mieux encore, des acteurs qui avaient jusque-là boudé le mobile y font irruption avec force. On assiste alors à une multiplication des stores dans les catalogues plus ou moins bien fournis dʼapplications mobiles. Les usages explosent et, pour certains grands sites, sur le seul critère des pages vues, le trafic mobile a dépassé le Web.
Mais derrière ce bouillonnement, quelles tendances systémiques pouvons-nous essayer dʼanalyser ?!
Un des éléments révélateurs de ce changement de marché est de retrouver en seconde position de lʼenvironnement des applications, le spécialiste du search sur le Web : Google. Or, les applications offrent une information à périmètre fini, se positionnant ainsi en opposition à la notion de search, clé de voûte de lʼempire Google. Alors, pourquoi Google se lance-t-il dans une activité opposée à son ADN ? Cette tendance aux appstores génèrera-t-elle un bouleversement du marché du surf ? Est-ce que la prédominance du search sur le Web disparaîtra sur le mobile ?Et si tel est le cas, quels impacts pour les régies, les éditeurs, les sociétés du mobile ?
Dans lʼenvironnement mobile, les moteurs de recherche voient leur notoriété perdre peu à peu de leur monopole dans les usages de lʼInternet mobile. Le constat est simple : aucun fabricant ou opérateur ne met en avant les moteurs de recherche dans ses offres. Google, dont les piliers fondateurs sont le search et lʼadwords (soit 95% de son chiffre dʼaffaires), a délaissé son activité initiale pour partir à la conquête du mobile."
Autre constat : une récente étude du groupe Kelsey estime que le chiffre dʼaffaires de la publicité sur les téléphones cellulaires sera multiplié par 20 dʼici 2013. Dans ce contexte, le rachat dʼAdmob par Google en décembre 2009 pour 750 millions de dollars est une traduction probable dʼun retour à un modèle économique axé sur une forme de publicité plus classique (plus éloignée de lʼadsense). Si le leader de lʼInternet investit largement sur la distribution de ses services (Youtube, Google Map,
etc…) via son OS Android, il en consacre également une grande partie aux services liés à la localisation et complète ainsi sa mue mobile. Tout cela démontre la capacité dʼévolution et dʼadaptation du géant de la Silicon Valley à lʼenvironnement mobile, mais aussi les changements structurels de lʼindustrie.
Hier lʼapproche adsense prenait le pas sur la publicité online au profit de Google et aux dépens des régies et agences. Aujourdʼhui, lʼapproche par les applications sonne la fin du règne absolu du search au regard des usages sur mobile, et redonne un rôle fort à ces acteurs. Il appartient donc maintenant aux grands perdants dʼhier de reprendre des parts de marché en redéfinissant les fondamentaux de la publicité mobile.
Cette évolution bénéficiera aux éditeurs de contenu (medias) qui tirent le plus avantage de lʼavènement tant attendu de lʼInternet mobile. Ils en bénéficient à trois titres :
- En accédant à un nouveau relais de croissance qui leur permet dʼatteindre une cible très consommatrice de contenus. Cette expansion se fait à faible coût car la convergence
technique entre le Web et le mobile est forte.
- En devenant un argument différenciateur pour le fabricant de mobile et donc une promotion, voire un financement massif. La marque média est ainsi devenue pour le fabricant, comme pour lʼopérateur, une partie intégrante de son offre mobile.
- En regagnant du poids sur la chaîne de la valeur pour leurs propres régies publicitaires.
Derrière la révolution iPhone suivie par tous les fabricants de terminaux, les grands gagnants sont clairement les médias. Lʼenjeu repose sur leur capacité à sʼadapter à ce nouveau support, à sa dimension internationale et à sa douloureuse fragmentation technique. Mais cʼest avant tout le challenge de la monétisation de ces nouveaux usages qui fera de cette révolution une évolution gagnante pour les acteurs du nouveau paysage de lʼindustrie du mobile. Car si le contenant structure le contenu, il structurera de facto sa monétisation.
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