M-Commerce : Une réalité pour trois mobilautes sur quatre, une envie pas encore assouvie pour les autres
Si acheter des produits en ligne n'est certes pas l'apanage des Japonais (les Français, entre autres, le prouvent), faire ses courses de tous types avec son mobile constitue néanmoins une singularité nippone. Comme pour tous les services disponibles à la fois sur PC et téléphones portables, au Japon, c'est le terminal de poche qui est préféré, et de loin. Et ce même si plus de 70% des 48 millions foyers du pays du Soleil-Levant sont équipés d'un ordinateur.
Selon une récente étude conduite auprès de 7.000 Nippons abonnés aux services du premier opérateur cellulaire local, NTT DoCoMo, les trois quarts affirment avoir déjà acheté des produits réels (et pas seulement des contenus virtuels) en passant commande directement depuis leur téléphone portable. Toutes les enquêtes publiées sur le sujet aboutissent grosso-modo au même résultat bluffant. Bref, le "keitai denwa" (mobile en japonais) est bel et bien un nouveau canal de distribution pour la consommation de masse sur l'Archipel, pionnier des telecoms mobiles et fonctions allant de paire.
Non seulement la majorité des Japonais ont déjà exprimenté le "mobile shopping", mais tous ou presque ont l'intention de continuer ou de s'y lancer. Tel est le deuxième enseignement que l'on peut tirer de ces sondages.
De surcroît, la fréquence de visite des sites de commerce mobile est pour le moins surprenante. 15% des abonnés de NTT DoCoMo prétendent arpenter quasi-quotidiennement les rayons des boutiques virtuelles. Au total, la moitié des clients de l'opérateur assurent écumer les catalogues plus d'une fois par semaine. Et ce, hommes et femmes toutes tranches d'âges confondues.
Plus on épluche les résultats des études, plus on s'étonne. En effet, les dames quadra et quinquagénaires battent leurs cadettes en termes de fréquentation. Un quart d'entre elles disent ainsi "se balader dans les travées virtuelles" des magasins en ligne avec leur mobile une fois par jour. Et quelque 70% d'entre ces ménagères de la cinquantaine ne font pas que flâner, elles achètent, une proportion équivalente à celles des autres catégories.
Mais que s'offrent donc les Nippons et Nippones avec leur keitai alors même que tout est à portée de main dans les milliers de boutiques ayant pignon sur rue, parfois ouvertes 24 heures sur 24? Eh bien de tout, ou presque, jour et nuit qui plus est.
Chez les hommes, les produits vedettes achetés par mobile interposé sont les livres, magazines, CD et DVD. Chez les femmes, on change radicalement de registre. Ces dernières dépensent leurs yens en produits de beauté, accessoires, vêtements, spécialités culinaires régionales, produits frais et boissons. Oui, vous avez bien lu, au Japon, les femmes (et surtout celles de 40 ans et plus) commandent des fruits et légumes primeurs, des grands crus, des sake, avec leur téléphone portable. Et savez-vous quel est le "prime-time" pour ce genre de commissions? Le soir entre 22 heures et minuit. Autrement dit, les catalogues en ligne sur mobile ont pris la place du livre de chevet. En un an, 30% des femmes de plus de 50 ans affirment avoir ainsi claqué plus de 50.000 yens (350 euros) en commandes mobiles. Quant aux minettes de vingt ou trente ans, elles ont jeté leur dévolu sur les fringues, les bijoux, la maroquinerie et les cosmétiques.


En résumé, et pour en finir avec les chiffres époustouflants, le mobile-commerce au Japon n'est plus une promesse, c'est une réalité lucrative. " Le commerce mobile a commencé à décoller en 2003, précédé à partir de 1999 par les achats de contenus virtuels (mélodies, fonds d'écrans, jeux). Depuis il a progressé au rythme de 50% par an", explique un fonctionnaire du ministères des Télécoms japonais.
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